L’approche de la COP 21 à Paris nous rappelle combien la question du réchauffement climatique reste un enjeu politique majeur d’envergure internationale. Longtemps considéré comme vert, comparé aux autres industrie, le secteur des nouvelles technologie a pourtant également sa part de responsabilités dans ce processus. Entre l’énergie nécessaire pour faire tourner les serveurs et les matériaux utilisés dans la conception du hardware en général, les TICs peuvent aussi être énergivores. C’est pourquoi nous nous sommes penchés sur l’empreinte carbone de l’email.

L’empreinte carbone de l’email

De fait, lorsque l’on parle de l’empreinte carbone des emails, on va essentiellement s’intéresser à ce qui va générer des émissions de CO2 dans l’atmosphère : les sources d’énergie alimentant les différents serveurs nécessaires à l’envoi et à la réception des emails, et la consommation énergétique de ces derniers. Car, on le rappelle, l’email n’est pas qu’un simple envoi d’un ordinateur à un autre. Il demande un processus long, depuis la composition initiale du message par l’expéditeur à sa lecture par le destinataire. Entre temps, l’email va passer à travers une multitude de serveurs : serveur SMTP, serveur DNS, une multitude de routeurs… Chacune de ces étapes consomme de l’énergie.

Cette quantité d’énergie va évidemment varier en fonction de plusieurs paramètres : taille de l’email (plus un email est lourd, plus il va demander d’énergie), âge des serveurs (les datacenters les plus récents sont moins énergivores) et des appareils utilisés pour envoyer et lire les messages. Dans son rapport de 2009 sur l’empreinte carbone du spam, McAfee estimait qu’un email légitime émettait en moyenne 4 grammes de CO2. Grâce à l’efficacité des filtres anti-spam (qui font gagner du temps aux destinataires ne souhaitant pas être importunés par ces messages), le spam ne consomme que 0,3 grammes de CO2. En 2010, le quotidien britannique The Guardian allait plus loin en évaluant qu’un email avec une pièce jointe lourde (plus d’un Mo) rejetait 50 grammes de CO2.

A titre de comparaison, l’utilisation personnelle de Facebook d’un utilisateur chaque jour est d’en moyenne 269 grammes de CO2. Un tweet envoyé émet environ 0,02 grammes de CO2. Les voitures récentes parviennent à limiter leurs émissions de CO2 à environ 80 grammes par kilomètre. Enfin, en respiration normale, nous rejetons chacun environ 50 grammes de CO2 par heure.

Ces données sont globales. L’empreinte carbone des emails que vous envoyez peut être plus faible ou plus élevée que ces chiffres. Tout dépend des opérateurs par lesquels vous passez et des sources d’énergies utilisées pour faire tourner leurs parcs de serveurs et leurs datacenters. Par exemple, Google promeut largement la propreté de ses services (dont Gmail) en affirmant que le cloud, par essence, est une solution plus efficace et verte (partage des structures entre plusieurs entités) que l’hébergement local. Par ailleurs, l’entreprise met en avant la propreté des énergies renouvelables utilisées pour faire tourner ses solutions. Cependant, un nombre important d’opérateurs continuent d’utiliser les énergies issues de l’exploitation de ressources fossiles (centrales au charbon, au gaz, au pétrole…)

Réduire son empreinte carbone emailing

Il y a cependant plusieurs moyens pour réduire l’empreinte carbone des envois. Tout d’abord, vous pouvez réduire le poids de vos messages en réduisant la taille des images (vous pouvez utiliser des outils comme Photofiltre pour baisser leur résolution, par exemple) ou en évitant l’intégration (souvent lourde) d’éléments en HTML. Assurez-vous également que l’énergie consommée pour vos envois d’emails est dépensée à bon escient : vos contacts doivent être opt-in et vos listes doivent être régulièrement nettoyées. Enfin, quand certains de vos contacts se désabonnent, retirez-les de vos listes une bonne fois pour toute.

Dans son ensemble, l’email reste un canal de communication vert. Cependant, en faisant attention à son utilisation et en suivant les bonnes pratiques, nous pouvons faire en sorte qu’il soit encore plus écologique.