Avez-vous remarqué que nous avons été envahis par les emojis ? Ces petites icônes japonaises sont désormais partout. Dans les SMS, les conversations chats, les articles de blogs et même dans nos boîtes mail : impossible d’y échapper. On assiste peut-être à la création d’une sorte de langage parallèle universel…

Si vous êtes un marketeur par email, vous avez probablement déjà été tenté d’ajouter un Père Noël souriant ?  dans une campagne avant les fêtes ou une jolie chaussure ?  dans un email annonçant vos prochaines promotions, en espérant que ces icônes sympathiques pourraient générer plus de clics.

Chez Mailjet, nous étions très curieux de découvrir l’impact des emojis sur les emails. Nous avons donc décidé de lancer une étude (très sérieuse) à ce sujet.

Pour cela, nous avons mené des tests A/X sur nos newsletters locales au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en France et en Espagne, qui totalisent 15 000 abonnés. Nous avons inclus dans les objets de nos newsletters quatre des emojis les plus populaires :

  • ? un visage qui pleure de rire ;
  • ? un visage qui sourit avec des yeux en forme de cœur ;
  • ? un visage qui fait un clin d’œil et qui tire la langue ;
  • ? un visage qui pleure à chaudes larmes.

Nous avons envoyé nos newsletters par lots en attribuant de manière aléatoire l’un des quatre emojis ou aucun, et nous avons comparé les taux d’ouverture obtenus.

Les résultats ont vite montré que les Emojis provoquaient des réactions contrastées d’un pays à un autre. Si en moyenne, elles augmentent systématiquement les taux d’ouverture au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, elles ont en revanche un impact négatif chez les destinataires français et ne provoquent pas de réaction particulière en Espagne.

Les Français se montrent donc globalement assez sceptiques sur l’utilisation de smileys dans les objets d’emails. Les Emoji joyeuses et farceuses s’en tirent relativement bien, avec peu d’écart par rapport au taux moyen sans Emoji, mais celles qui représentent des émotions plus extrêmes (amour/désespoir) ne font pas mouche.

A cela, on peut formuler de nombreuses hypothèses: les Français seraient-ils plus attentifs au fond qu’à la forme, ne souhaitant pas se laisser distraire par des petits bonhommes qui monopolisent l’attention ? Seraient-ils excédés par une tentative trop voyante de la part du marketeur d’attirer leur attention en forçant l’émotion, ou déjà trop habitués à la présence d’Emojis pour y trouver un intérêt ?

On notera tout de même que les taux d’ouverture en France sont, de manière générale, assez largement supérieurs aux autres pays, même sans usage d’Emoji: 34,3 % en moyenne tous essais confondus, contre 31 % au Royaume-Uni, 26 % aux Etats-Unis et 20 % en Espagne.

 

infographic emoji emails

 

Les marketeurs auraient tort de ne pas inclure d’emojis dans leurs emails. Judicieusement utilisées, ces icônes permettent de booster sensiblement l’engagement des abonnés. Les résultats de notre étude montrent que vous pouvez laisser libre cours à votre créativité pour les emails destinés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, alors que pour un public européen, mieux vaut utiliser les emojis avec parcimonie.

Mais ces résultats n’évaluent pas seulement l’efficacité des emojis en tant qu’outil marketing : ils démontrent une fois de plus à quel point il est essentiel d’utiliser des tests A/B pour identifier les goûts d’un public cible, d’analyser les résultats des campagnes envoyées et d’utiliser la segmentation pour tenir compte des spécificités des utilisateurs dans différentes zones géographiques notamment.

Maintenant que vous savez tout sur l’utilisation des emojis, lancez-vous et faites ? vos taux d’ouverture !