Julie Paci

Julie Paci

Responsable Marketing France

Qui n’a jamais reçu de spams ? La plupart d’entre nous en reçoivent quotidiennement. Il peut s’agir de spams standards (emails de nature publicitaire et non sollicités par les destinataires) ou encore de phishing (emails ayant pour but de dérober à des individus leurs identifiants de connexion ou leurs informations bancaires). Ces emails sont modifiés constamment dans l’espoir de tromper les utilisateurs ainsi que les Fournisseurs d’Accès à Internet (Orange, SFR, Free…) et les webmails (Gmail, Outlook, Laposte.net…), mais pas assez rapidement pour suivre les évolutions des filtres anti-spams.

Au cours des dernières années, nous avons vu les Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) devenir plus intelligents et s’éloigner des filtres anti-spams traditionnels. L’accent est mis sur l’engagement (ou non) des utilisateurs. Les FAI apprennent de la façon dont nous interagissons avec les messages qui arrivent dans notre boîte de réception, ce qui les aide à déterminer si les emails doivent aller dans notre boîte de réception ou atterrir dans notre dossier spams.

Qu’est-ce que cela a à voir avec les mots que vous utilisez dans vos campagnes emailing ? Certains mots utilisés dans les objets d’emails génèrent des taux de plaintes plus élevés que la normale et une interaction médiocre. Cela a un effet négatif sur la réputation de l’expéditeur et, en fin de compte, sur la délivrabilité des futurs messages. Ainsi, pour vous éviter d’être pris pour un spammeur, mais aussi pour mieux vous protéger vous-même des tentatives de spam, nous avons listé certains mots qu’il vaut mieux éviter.

 

Les principaux mots à éviter pour ne pas tomber dans les spams

« Facture »

Le mot « facture » est l’un des mots préférés des phishers. Si vous le voyez dans l’objet de l’email, vérifiez avant tout qui est l’expéditeur. L’adresse est le meilleur moyen pour prouver que l’email est légitime. Mais attention, facturation@ex-emple.com n’est pas la même adresse que facturation@exemple.com. Les escrocs tentent de profiter de notre négligence alors soyez vigilant(e). Dans le doute, si l’adresse de l’expéditeur ne vous dit rien, nous vous recommandons de ne pas ouvrir l’email. De même, afin de ne pas être pris vous-même pour un spammeur, évitez d’utiliser ce terme dans vos objets d’email.

« PayPal », « Visa », « Mastercard » ou tout autre mention bancaire

Ici aussi, un nom de banque ou de service de paiement peut être utilisé pour du phishing. Les expéditeurs malveillants essaient de se faire passer pour des organismes bancaires en envoyant des emails avec le même jeu de couleurs et la même mise en page, redirigeant vers un site miroir réalisé pour reproduire avec plus ou moins de perfection celui qu’il usurpe. En tant que destinataire, vérifiez l’adresse de l’expéditeur et le nom de domaine. En tant qu’expéditeur d’email, utilisez des outils d’authentification tels que DKIM et SPF pour empêcher les usurpateurs de porter atteinte à votre réputation. Ces protocoles rattachent et associent votre adresse email à votre nom de domaine. Vous garantissez ainsi aux FAI et webmails que les emails envoyés depuis votre adresse sont bien liés à un site légitime.

« Cadeau », « Lot », « Spécialement pour vous »…

Parlons maintenant des emails envoyés avec des objets aguicheurs annonçant que vous avez gagné le gros lot ou que vous avez été sélectionné pour un tirage au sort exclusif auquel vous ne vous êtes jamais inscrit(e). Si seule une faible proportion des destinataires sera réceptive à cette arnaque, elle continue à porter ses fruits, puisque les usurpateurs d’identité continuent à envoyer des millions de messages de ce type. Ils sont après tout peu coûteux à produire et peuvent leur rapporter gros : obtention d’identifiants et mots de passe, de numéros de compte bancaire… Les emails de ce type sont donc généralement bloqués par les filtres anti-spams des FAI et des webmails. Gardez toujours cela en tête lorsque vous envoyez vos emails.

« Urgent », « Désespéré », « Aidez-moi »…

Avez-vous déjà entendu parler du scam ? Il s’agit d’une forme d’escroquerie qui abuse de la crédulité des victimes pour leur soutirer de l’argent. Cela se présente sous la forme d’un email dans lequel une personne affirme posséder une importante somme d’argent (plusieurs millions de dollars en héritage, fonds à placer à l’étranger à la suite d’un changement de contexte politique, etc.) et fait part de son besoin d’utiliser un compte existant pour transférer rapidement cet argent. La personne à l’origine de l’arnaque demande de l’aide pour effectuer ce transfert d’argent, en échange de quoi il offre un pourcentage sur la somme qui sera transférée, en général par la « voie diplomatique ». Ne tombez pas dans le panneau !

« Jeux d’argent », « Casino »…

Les spammeurs de jeux de hasard envoient régulièrement des campagnes promettant des gains élevés voire doublés, ou une entrée gratuite. S’il ne s’agit pas d’un site Internet reconnu par l’agence de régulation des jeux en ligne en vigueur dans votre pays, ce message doit aller directement dans le dossier des spams. Et en tant qu’expéditeur, attention à ne pas être assimilé à ce genre de spammeurs de jeux d’argent.
 

En conclusion : la liste des mots à éviter

Nous avons regroupé les mots les plus fréquemment repérés par les filtres anti-spam comme étant à risque, spécialement lorsqu’ils sont utilisés dans l’objet du message. Vous pouvez cliquer sur l’image pour l’agrandir.

tab with spam worlds to avoid

Les risques liés à ces mots évoluent constamment, restez donc attentifs, nous mettons à jour cette liste régulièrement. Notez enfin que, si ces mots sont à risques, vous pouvez continuer à les utiliser, mais avec parcimonie. Si vos objets les répètent d’email en email, vous vous exposez davantage qu’une campagne one-shot.

Et si vous ciblez les bonnes personnes avec un contenu engageant à la bonne fréquence, vous ne devriez pas avoir de problème de délivrabilité. Si vos destinataires font confiance à votre marque, sont engagés et interagissent bien avec vos messages, vous pouvez a priori utiliser les mots listés ci-dessus et pourtant toujours atteindre leur boîte de réception.

Cet article est une version mise à jour de l’article “Les mots qui déclenchent l’alerte au spam”, publié sur le blog Mailjet le 26 juillet 2017 par Thomas Hajdukowicz.